Kings : des émeutes et beaucoup trop d'émotions

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Avec Halle Berry en tête d’affiche, Kings revient sur les émeutes survenues en 1992 à Los Angeles, suite au passage à tabac de l’Africain-Américain, Rodney King, par des policiers blancs.

Il aura fallu dix ans de travail et de recherches à la Franco-Turque, Deniz Gamze Ergüven, pour accoucher de son deuxième long-métrage : Kings. Ce serait suite aux émeutes de 2005 survenues dans les quartiers en France qu’elle aurait eu le déclic. Le film campe son histoire en 1992, près de 30 ans avant le mouvement Black Lives Matter. Et débarque pour ainsi dire sur les écrans de manière opportune. Quartier populaire et majoritairement noir de Los Angeles, l’affaire Rodney King, ce jeune africain-américain passé à tabac par quatre policiers, bat son plein. L’acquittement des officiers mettra la ville en émoi et aboutira à six jours d’émeutes sans précédent.

Le romanesque comme document

Au total, une cinquantaine de morts, plus de 2000 blessés, des dommages matériels considérables et des milliers d’arrestations. Des informations pourtant absentes du film. Malgré l’avalanche d’images d’archives, la réalisatrice à l’origine du très réussi Mustang, passe à côté de la dimension documentaire et politique du film, pour s’enfermer dans le romanesque et la photogénie. Clips vintage typiques des années 90, séquences oniriques, tableau d’une ville embrasée… Et au premier plan, cette mère de famille « bénévole », Millie, qui prend sous son aile tous les gamins esseulés du quartier, campée par la très (trop ?) lacrymale Halle Berry.

Quand des historiettes s’emparent de l’Histoire

Là où Kathryn Bigelowe avec Detroit (2017) parvenait à livrer – sur fond de docu-fiction – un témoignage en résonance à l’actualité outre-Atlantique, Deniz Gamze Ergüven s’éloigne peu à peu de son sujet à mesure, toutefois, que monte le climat insurrectionnel. Pourtant, le film s’ouvre sur le meurtre d’une jeune fille noire innocente abattue par une épicière d’origine asiatique qui n’écopera d’aucune peine de prison – seulement de quelques dollars d’amande. Et plante d’emblée le contexte. « Elle ne va pas en prison pour meurtre » !, s’insurgent les résidents du quartier, « nous on nous y jette pour rien ». Déterminisme noir, racisme intercommunautaire et racisme d’état, il y avait pourtant de quoi dire…

Au lieu de cela, le film – dont le titre fait échos au militant pacifique des droits civiques des Noirs, Martin Luther King -, sombre dans l’historiette. Celle de l’ainé de la fratrie recomposée, amoureux de la cool fille un peu rebelle du quartier, qui – elle – n’a d’yeux que pour le révolté William… Ou encore l’idylle de Millie et du voisin blanc, trop désinvolte pour être crédible, interprété par une autre star du cinéma américain, Daniel Craig…

Des ressorts hollywoodiens où les émeutes finissent par faire office de décor, et la forme à l’emporter sur le fond. Dommage.

 


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